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Petits producteurs en Champagne

Entreprendre.fr

2020 article vignes GFV groupement viticole en Champagne

Le champagne est une passion française, au cœur de notre patrimoine viticole et gastronomique, qui continue à motiver des petits producteurs, bien décidés à se faire une place aux côtés des grandes maisons qui exportent dans le monde entier.

Le marché français des ventes de champagne recule sur la France depuis 2010 avec une baisse de plus de 20% des ventes de cols (185 millions à l’époque). L’export poursuit cependant sur sa lancée, et les petits producteurs doivent faire preuve d’imagination pour retrouver une dynamique.

D’autres voies que l’export

Il paraît que les jeunes générations préfèrent la bière ou les cocktails, ce qui est fâcheux pour les producteurs, qui se voient quasiment condamner à aller prospecter l’étranger. Or l’export est quasiment réservé aux grandes maisons et marques de champagne. Les petits producteurs n’ont pas souvent les moyens de prospecter à l’étranger, ils investissent donc différemment, en s’alliant, en allant vers le mono-cépage, vers le bio, ou la mise en valeur de leurs particularités et de leur savoir-faire. Alors que les grandes maisons peuvent compenser la chute du marché français par l’international, ces voies de développement s’avèrent indispensables pour les petits producteurs, qui parfois découragés, vendent plus simplement leurs raisins aux négociants. D’autres ont décidé d’investir et de développer de nouveaux produits, car petit volume ne signifie nullement moindre qualité.

Bonne ou mauvaise nouvelle ?

Les Français consomment 51,2 litres de vin annuellement, soit -28% de moins qu’en 2000. Le marché du champagne s’élève à 302 millions de bouteilles (dont 155 millions sur la France) pour un CA total de 4,9 milliards d’euros.

La mise en avant du terroir

 

L’un des atouts des petits producteurs est bien évidemment la mise en avant de leur terroir. Une étude fin 2016 faisait dire à Sébastien Goulard, directeur de laboratoire à l’Institut Œnologique de Champagne, que cette voie était la plus logique pour se faire connaître et vendre mieux. Les marchés de connaisseurs peuvent entendre ces nouvelles voix qui s’élèvent et parlent parcelles, élevage en barrique et faible dosage. Les clients français sont bien entendu ouverts à ce type de langage, tous comme les Américains, Britanniques et autres Japonais. Pour parvenir à percer, il faut cependant rester à des prix de marché acceptables, d’où le partage d’utilisation d’équipements ou de main d’œuvre, afin de réduire les coûts de production. Voici quelques exemples d’initiatives qui permettent aux petits producteurs de tirer leur épingle du jeu.

L’initiative de France Valley Champagne

 

Ce fonds a été lancé le 11 avril 2019 avec l’objectif d’investir 10 millions d’euros par an dans les vignes pour les louer à l’exploitant déjà en place avec un bail de 25 ans. Pourquoi ? Parce qu’en Champagne, une majorité d’exploitants est locataire de ses vignes, et en cas de vente des terres par le propriétaire, le rachat est rarement possible vu les prix. Avec France Valley, en cas de mise en vente, le vigneron locataire, coopérateur ou pas, peut en informer le Syndicat Général des Vignerons, la Fédération, ou la Safer. Le fonds pourra ainsi intervenir pour se porter acquéreur de la parcelle et signer le bail, avec un métayage nature au tiers pour le fonds (la part se vend à 1000 euros). Une condition cependant : les vignerons doivent être certifiés ou en cours de certification Haute Valeur Environnementale. La région est clairement en recherche de solutions permanentes pour aller de l’avant avec un produit d’excellence, partie intégrante du patrimoine français.